Guinée : 9 mois de prison pour avoir défendu l’environnement !

Richard Guilavogui President AGEMAF ENVIRONNEMENTRichard Guilavogui President AGEMAF ENVIRONNEMENT

Etre condamné à 10 mois de prison ferme pour avoir défendu l’environnement… c’est possible ! Ca se passe en Guinée et c’est la mésaventure qu’a vécu Richard Guilavogui, défenseur de l’environnement et président de l’ONG Association Guinéenne pour la protection de l’Environnement physique Marin et Fluvial (AGEMAF-Environnement).

Le 19 décembre dernier Richard Guilavogui est libéré après 9 mois de détention à la maison centrale de Conakry. Il a été condamné pour tentative d’escroquerie, dénonciation calomnieuse et injure publique suite à une plainte de la Société de Brasserie de Guinée (SOBRAGUI). Lui entend cette condamnation d’une autre oreille : « j‘ai été mis en prison à cause de la protection de l’environnement guinéen. Sobragui ayant des hommes forts, ils ont dit que l’ONG n’existait pas. »

Richard Guilavogui, président de l’ONG AGEMAF Environnement, est riche d’une expérience de plus de 18 ans dans le secteur de la protection de l’écologi (pour en savoir plus, lire cet article de la presse nationale). En 2015, il a dénoncé la pollution de l’environnement maritime guinéen par la SOBRAGUI durant plusieurs mois, plus précisément il a dénoncé les activités dévastatrices pour l’environnement que menait la SOBRAGUI et demandé que des dédommagements soient versés à l’Etat suite à cette pollution. Depuis cette dénonciation, la société a porté plainte contre l’activiste pour tentative d’escroquerie, dénonciation calomnieuse et injure publique.

Convoqué au tribunal, il surprend le substitut du procureur Mohamed Lamine Diawara en train de compter des millions en compagnie de l’avocate de la SOBRAGUI avant de lui signifier que son ONG n’a pas assez d’argent pour gagner un procès, « Le Monsieur n’a pas manqué de me dire : M. Guilavogui votre ONG n’a pas d’argent » a affirmé l’environnementaliste aux médias. C’est vraiment grave dans un pays qui, dit-on, est dirigé par un professeur de Droit… ils sont nombreux ces innocents qui croupissent en prison alors que les bandits souvent « à cols blancs » sont libres et circulent dans des 4*4 ?

Ça me rappelle aussi cet enseignant jeté en prison à Conakry depuis plus de 6 mois pour avoir distribué des fiches de renseignements sur sa nouvelle école à ses anciens élèves.
Vraiment triste ce pays.

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